Bourlem Guerdjou : "Retrouver une partie de mon identité..."

28 février 2011

- ARTICLE

En racontant l'histoire de la première génération d'immigrés algériens venus en France, et notamment ceux qui furent parqués dans des bidonvilles, Bourlem Guerdjou a voulu, dans son premier long-métrage, mieux comprendre sa "relation avec la société française et la raconter aux gens de ma génération"...

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Bourlem Guerdjou : "L'histoire que je veux raconter est celle de milliers d'immigrés algériens venus en France dans les années 50. Ils étaient, pour la plupart, à la recherche d'un travail et furent "logés" dans des bidonvilles. Ce qui me paraît important aujourd'hui, c'est la mémoire de ces hommes oubliés de l'Histoire. Malgré leurs conditions difficiles, vivant dans des "no man's land" aux portes de grandes agglomérations françaises, ces gens gardaient leurs traditions et leur culture afin de ne pas perdre leur identité.

Mon film est un voyage à travers le passé et l'histoire de la première génération, celle de mes parents. Je veux retrouver une partie de mon identité, mieux comprendre ma relation avec la société française et la raconter aux gens de ma génération.

Le rôle que tient Roschdy Zem est volontairement éloigné de cette "image du bon père immigré" qui, d'habitude, se veut rassurante. Je voulais montrer un personnage à plusieurs facettes, individualiste, et qui essaie de s'en sortir. La situation était tellement dure que les gens exploités pouvaient devenir exploiteurs à leur tour. (...) Dans le film, je casse toujours le côté strictement positif, j'essaie de rompre avec les clichés, de ne pas faire de concessions, par exemple en tournant entièrement en arabe..."

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