En 1997, "La Femme défendue" crée la surprise à Cannes...

28 février 2011

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La sélection au festival d'un film conçu presque comme une expérience, et pour la télévision, fit polémique.

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La Femme défendue représentait la France en compétition au Festival de Cannes 1997. Cette année-là, la palme d'or se partageait entre L'Anguille de Shohei Imamura et Le Goût de la cerise d'Abbas Kiarostami.

La sélection de La Femme défendue créa la surprise car ce film était une sorte d'expérience tentée par le cinéaste, à l'initiative de Pierre Chevalier, alors direction de la fiction d'Arte. Les articles de l'époque posèrent alors la question : un film conçu pour la télévision peut-il concurrencer un film conçu pour le cinéma dans la prestigieuse sélection officielle du Festival de Cannes ? Ce fut l'une des polémiques qui entourèrent le film, d'autant que l'année précédente, Marius et Jeannette souleva la même interrogation... mais son triomphe en salle avait contribué à brouiller les frontières et affaiblir les préjugés.

Le réalisateur, Philippe Harel, explique que "pour éviter une trop grande solitude à l'actrice, seule à l'écran pendant toute la durée du film, il a utilisé un miroir sans tain avec l'objectif à la hauteur de son regard." Tous les sons ont été pris en direct. Philippe Harel qui tient, hors-champ, le rôle de son amant, interprétait son rôle en même temps qu'elle. Il n'y a eu aucune improvisation.

La Femme défendue a été présenté quelques mois seulement après le succès des Randonneurs. C'est que Philippe Harel avait tourné les deux films simultanément, en utilisant la même équipe technique : le matin,  Les Randonneurs, et l'après-midi La Femme défendue. Seuls les deux mois de tournage en Corse pour le premier ont échappé à ce mode de tournage alterné...