L'Humanité - Jean-Pierre Leonardini: Faut-il aimer Mathilde ?

3 juin 2017

- REVIEW

"  Ce qui retient dans cette oeuvre et passionne (...) c'est l'art de filmer les êtres à bout touchant, chacun portant son angoisse, son mystère, son caractère. Les « gens simples » sont très compliqués, voyez-vous. Il y a là toute une dignité, une tendresse calme, une affection de tous les instants. Elle a quelque chose des héroïnes de Vailland, cette Mathilde séductrice qui fait peur aux hommes, petits garçons apeurés cherchant partout de la mère.
A ce jeu-là, Dominique Blanc, dont nous savons de longue date les vertus de sensibilité, la beauté singulière, l'élégance dans l'épanchement, est souveraine. On croit en elle de bout en bout, en blouse devant le métier à tisser, à bicyclette jambes nues ou parée comme une châsse pour vamper le mari retrouvé par hasard. Tout là-dedans sonne juste, avec tact, sans compromission.

(...) Et, pourtant, Baily ne singe pas le reportage ni le cinéma-vérité. Il a laissé parler son coeur, aimé ses interprètes et sans doute ravivé des souvenirs d'enfance et feuilleté l'album de famille, même si Mathilde est bien d'aujourd'hui, exigeant de l'amour, faisant valoir sans fin son droit de femme. Regardez bien le début, cette scène de mariage, c'est du Vigo moderne, en couleur. Même vision poétique sans embuement."

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"  Ce qui retient dans cette oeuvre et passionne (...) c'est l'art de filmer les êtres à bout touchant, chacun portant son angoisse, son mystère, son caractère. Les « gens simples » sont très compliqués, voyez-vous. Il y a là toute une dignité, une tendresse calme, une affection de tous les instants. Elle a quelque chose des héroïnes de Vailland, cette Mathilde séductrice qui fait peur aux hommes, petits garçons apeurés cherchant partout de la mère.
A ce jeu-là, Dominique Blanc, dont nous savons de longue date les vertus de sensibilité, la beauté singulière, l'élégance dans l'épanchement, est souveraine. On croit en elle de bout en bout, en blouse devant le métier à tisser, à bicyclette jambes nues ou parée comme une châsse pour vamper le mari retrouvé par hasard. Tout là-dedans sonne juste, avec tact, sans compromission.

(...) Et, pourtant, Baily ne singe pas le reportage ni le cinéma-vérité. Il a laissé parler son coeur, aimé ses interprètes et sans doute ravivé des souvenirs d'enfance et feuilleté l'album de famille, même si Mathilde est bien d'aujourd'hui, exigeant de l'amour, faisant valoir sans fin son droit de femme. Regardez bien le début, cette scène de mariage, c'est du Vigo moderne, en couleur. Même vision poétique sans embuement."

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