Le Figaro - Claude Baignères, 23/03/1995: L' Année Juliette

7 juin 2017

- REVIEW

"(...) L'essentiel, c’est Fabrice Luchini,. Bien sûr, le rôle est taillé à son exacte mesure avec un discours semé de remarques où coexistent ironie percutants en chaleur humaine au-dessus de tout soupçon. Il est vrai que Luchini  transformerait en un insoutenable suspense l'énoncé de l’alphabet. Il a l'intelligence de rester toujours fondamentalement naturel, de ne jamais en faire trop même dans des situations plus proches du théâtre que de la vie. Ou du moins de n’en jamais donner l’impression. C’est qu'il établit un accord majeur entre ce qu’il dit pense et fait. Trois notes aux significations généralement différentes, mais également claires : si bien qu’il nous fait simultanément découvrir les élans, inhibitions, rêves et paniques qui constituent un être vivant. Il apporte au moindre détail du scénario une fantaisie dans le droit fil du coeur et de l’imagination légère de son personnage. Fugitivement dans le courant normal des choses. Et sans qu’on s’y attende.

Les vingt secondes qu’il passe au téléphone, mentant à son habituelle partenaire pour n'avoir pas à lui dire "non" constituent à elles seules un chel-d'oeuvre d’invention imprévisible. L'art de Luchini se déchiffre comme une partition avec ses mélodies, ses contrepoints, ses sautes d’humeur, sa gaieté fondamentale. Art de vivre autant que comédie : voilà le meilleur film d’humour qui éclaire l’écran français depuis La Crise de Coline Serreau.

Il faut ajouter que le héros do l’aventure est entouré de succulente manière par Valérie Stroh et Philippine Leroy-Beaulieu plus jolies et dynamiques l’une que l'autre. Et délicieusement menées en bateau par leur amoureux incertain au point qu’elles y prennent plaisir."

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"(...) L'essentiel, c’est Fabrice Luchini,. Bien sûr, le rôle est taillé à son exacte mesure avec un discours semé de remarques où coexistent ironie percutants en chaleur humaine au-dessus de tout soupçon. Il est vrai que Luchini  transformerait en un insoutenable suspense l'énoncé de l’alphabet. Il a l'intelligence de rester toujours fondamentalement naturel, de ne jamais en faire trop même dans des situations plus proches du théâtre que de la vie. Ou du moins de n’en jamais donner l’impression. C’est qu'il établit un accord majeur entre ce qu’il dit pense et fait. Trois notes aux significations généralement différentes, mais également claires : si bien qu’il nous fait simultanément découvrir les élans, inhibitions, rêves et paniques qui constituent un être vivant. Il apporte au moindre détail du scénario une fantaisie dans le droit fil du coeur et de l’imagination légère de son personnage. Fugitivement dans le courant normal des choses. Et sans qu’on s’y attende.

Les vingt secondes qu’il passe au téléphone, mentant à son habituelle partenaire pour n'avoir pas à lui dire "non" constituent à elles seules un chel-d'oeuvre d’invention imprévisible. L'art de Luchini se déchiffre comme une partition avec ses mélodies, ses contrepoints, ses sautes d’humeur, sa gaieté fondamentale. Art de vivre autant que comédie : voilà le meilleur film d’humour qui éclaire l’écran français depuis La Crise de Coline Serreau.

Il faut ajouter que le héros do l’aventure est entouré de succulente manière par Valérie Stroh et Philippine Leroy-Beaulieu plus jolies et dynamiques l’une que l'autre. Et délicieusement menées en bateau par leur amoureux incertain au point qu’elles y prennent plaisir."