Le Mensuel du cinéma - Gérard Lenne: La Joie de vivre

3 juin 2017

- REVIEW

"... Un vieillard riche, une infirmière intéressée : ce vieux couple permet toutes les variations, une des plus astucieuses ayant été, récemment, celle de Pierre Zucca, Alouette je te plumerai (du type « Tel est pris qui croyait prendre »). Le Monsieur Charme de Roger Guillot, ainsi nommé, peut-être, parce qu’il se porte à merveille, veut cependant en finir avec la vie mais, réticent au suicide, sollicite de Mlle Reine la piqûre libératrice.

On perçoit ici une volonté de rupture — qui remonte déjà à Harold et Maud — avec le discours lénifiant, hypocrite et rassurant sur la mort et la vieillesse ; mais avec un degré supplémentaire : l’introduction d’un personnage hors du commun. En effet, Reine la généreuse, populaire et drôle, n’est pas désintéressée. Quand elle s’aperçoit que Charme a du bien, elle traite l’affaire en exigeant d’être couchée sur son testament.

D’où l’arrivée de Joyeux, parent éloigné à demi oublié, qui complète le trio. Les multiples tentatives pour offrir à Monsieur Charme la mort douce et indolore qu’il souhaite se soldent par autant d’échecs, dans une tradition de l’humour noir qui remonte à  Noblesse oblige (entre autres épisodes, la composition du brouet de sorcière vaut son pesant de mandragore).

C’est le premier long métrage (cinéma) de Roger Guillot. Autour de Bouquet (souverain) et de l'étonnante Gwennola Bothorel, on se réjouit d’y retrouver Henri Virlojeux, Michel Vitold.... L’originalité du propos implique aussi un courage certain de la part du producteur, et il faut saluer ici la cohérence et la belle continuité du travail accompli depuis quatre ans par les Productions Lazennec (La Discrète, Les Arcandiers, Riens du tout, etc.), qui jouissent désormais d’un rôle stimulateur de prix dans le cinéma français."

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"... Un vieillard riche, une infirmière intéressée : ce vieux couple permet toutes les variations, une des plus astucieuses ayant été, récemment, celle de Pierre Zucca, Alouette je te plumerai (du type « Tel est pris qui croyait prendre »). Le Monsieur Charme de Roger Guillot, ainsi nommé, peut-être, parce qu’il se porte à merveille, veut cependant en finir avec la vie mais, réticent au suicide, sollicite de Mlle Reine la piqûre libératrice.

On perçoit ici une volonté de rupture — qui remonte déjà à Harold et Maud — avec le discours lénifiant, hypocrite et rassurant sur la mort et la vieillesse ; mais avec un degré supplémentaire : l’introduction d’un personnage hors du commun. En effet, Reine la généreuse, populaire et drôle, n’est pas désintéressée. Quand elle s’aperçoit que Charme a du bien, elle traite l’affaire en exigeant d’être couchée sur son testament.

D’où l’arrivée de Joyeux, parent éloigné à demi oublié, qui complète le trio. Les multiples tentatives pour offrir à Monsieur Charme la mort douce et indolore qu’il souhaite se soldent par autant d’échecs, dans une tradition de l’humour noir qui remonte à  Noblesse oblige (entre autres épisodes, la composition du brouet de sorcière vaut son pesant de mandragore).

C’est le premier long métrage (cinéma) de Roger Guillot. Autour de Bouquet (souverain) et de l'étonnante Gwennola Bothorel, on se réjouit d’y retrouver Henri Virlojeux, Michel Vitold.... L’originalité du propos implique aussi un courage certain de la part du producteur, et il faut saluer ici la cohérence et la belle continuité du travail accompli depuis quatre ans par les Productions Lazennec (La Discrète, Les Arcandiers, Riens du tout, etc.), qui jouissent désormais d’un rôle stimulateur de prix dans le cinéma français."

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