Le Monde - Jean-Luc Douin: Boudu sauvé des eaux
« Boudu, c'est Michel Simon,expliquera Renoir. Du fait qu'il était tous les clochards du monde, c'était intéressant de voir si tous les clochards du monde étaient absorbables par la foule parisienne. Alors, je me suis procuré un de ces objectifs qui servent en Afrique à filmer des lions de loin, et au lieu de filmer un lion j'ai filmé Michel Simon. J'ai mis l'appareil à une fenêtre, d'un premier étage, pour passer par-dessus le toit des voitures, et mon Michel Simon marchait sur les quais, dans les rues de Paris, au milieu des gens qui ne le remarquaient pas. j'ai beaucoup de scènes prises comme cela. »(...) Comme nombre de films de Renoir, Boudu sauvé des eaux est un « drame gai » destiné à prouver que la vie n'est qu'une grande illusion, le monde un vaste théâtre où chacun joue un personnage. Boudu est à la fois d'un prodigieux naturel et un magnifique comédien. Comme l'analysa Claude Beylie, «les trois joyeux lascars qui s'agitent sous nos yeux en costumes du vingtième siècle sont Bacchus, Chloé et Priape » (...) Il fallait s'attendre à ce que cette apologie de l’intrus mal élevé fasse scandale : des spectateurs déchaînés cassèrent plusieurs fauteuils du Colisée. Quant au préfet de police de Paris, il convoqua Renoir et Simon pour leur signifier qu’il voulait interdire une scène licencieuse. Celle où l'on voit Boudu manger des sardines avec les doigts !"
« Boudu, c'est Michel Simon,expliquera Renoir. Du fait qu'il était tous les clochards du monde, c'était intéressant de voir si tous les clochards du monde étaient absorbables par la foule parisienne. Alors, je me suis procuré un de ces objectifs qui servent en Afrique à filmer des lions de loin, et au lieu de filmer un lion j'ai filmé Michel Simon. J'ai mis l'appareil à une fenêtre, d'un premier étage, pour passer par-dessus le toit des voitures, et mon Michel Simon marchait sur les quais, dans les rues de Paris, au milieu des gens qui ne le remarquaient pas. j'ai beaucoup de scènes prises comme cela. »(...)
Comme nombre de films de Renoir, Boudu sauvé des eaux est un « drame gai » destiné à prouver que la vie n'est qu'une grande illusion, le monde un vaste théâtre où chacun joue un personnage. Boudu est à la fois d'un prodigieux naturel et un magnifique comédien. Comme l'analysa Claude Beylie, «les trois joyeux lascars qui s'agitent sous nos yeux en costumes du vingtième siècle sont Bacchus, Chloé et Priape » (...) Il fallait s'attendre à ce que cette apologie de l’intrus mal élevé fasse scandale : des spectateurs déchaînés cassèrent plusieurs fauteuils du Colisée. Quant au préfet de police de Paris, il convoqua Renoir et Simon pour leur signifier qu’il voulait interdire une scène licencieuse. Celle où l'on voit Boudu manger des sardines avec les doigts !"