Le Nouvel Observateur - Marlène Amar Tonda: La Faute à Voltaire

3 juin 2017

- REVIEW

" C’était en 2000. Abdellatif Kechiche n’avait pas encore réalisé L’Esquive (2003), époustouflant hommage aux mots, au verbe, à la littérature française, qui allait le faire connaître du grand public. En 2000, donc, après sept ans de galère, il réussissait enfin à faire ses débuts au cinéma. La Faute à Voltaire nous plonge au cœur du quotidien d’un immigré clandestin à Paris, avec ses épreuves, sa solitude, les foyers d’accueil, les petits boulots et les tracas en tous genres.

Tout l’art d’Abdellatif Kechiche, qui filme caméra à l’épaule, est déjà là. C’est un art modeste, fait de petits riens, un art vivant, joyeux, car Jallel (Sami Bouajila), malgré les difficultés, aime la vie, tombe amoureux, prend soin des autres, continue d’espérer et de désespérer. Kechiche veille à restituer la complexité du monde. Son regard est ouvert, sans barrière, sans cesse à l’affût. Le constat socialse trouve ici comme submergé, dépassé par le courant imprévisible de la vie même (...) La Faute à Voltaire est un film dense et humain, qui consigne le cours incertain d’une vie où rien n’est jamais acquis. Loin des caricatures, avec une sobre élégance, Sami Bouajila donne vie au héros de cette vie-là, fragile, lucide, il est porté par une irréductible envie de vivre. "

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" C’était en 2000. Abdellatif Kechiche n’avait pas encore réalisé L’Esquive (2003), époustouflant hommage aux mots, au verbe, à la littérature française, qui allait le faire connaître du grand public. En 2000, donc, après sept ans de galère, il réussissait enfin à faire ses débuts au cinéma. La Faute à Voltaire nous plonge au cœur du quotidien d’un immigré clandestin à Paris, avec ses épreuves, sa solitude, les foyers d’accueil, les petits boulots et les tracas en tous genres.

Tout l’art d’Abdellatif Kechiche, qui filme caméra à l’épaule, est déjà là. C’est un art modeste, fait de petits riens, un art vivant, joyeux, car Jallel (Sami Bouajila), malgré les difficultés, aime la vie, tombe amoureux, prend soin des autres, continue d’espérer et de désespérer. Kechiche veille à restituer la complexité du monde. Son regard est ouvert, sans barrière, sans cesse à l’affût. Le constat socialse trouve ici comme submergé, dépassé par le courant imprévisible de la vie même (...) La Faute à Voltaire est un film dense et humain, qui consigne le cours incertain d’une vie où rien n’est jamais acquis. Loin des caricatures, avec une sobre élégance, Sami Bouajila donne vie au héros de cette vie-là, fragile, lucide, il est porté par une irréductible envie de vivre. "

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