Les acteurs racontent leur personnage...

28 février 2011

- ARTICLE

Olivier Gourmet, Dominique Blanc, Julie Depardieu, Marion Cotillard... montrent tout leur respect pour leurs rôles dans "Sauf le respect que je vous dois".

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> Olivier Gourmet est... François

"François est un homme qui, toute sa vie, s’est volontairement soumis à un certain nombre de règles sans jamais les remettre en cause. Il ne supporte pas les conflits et possède une capacité extraordinaire à légitimer son « non engagement », c’est-à-dire à se trouver de bonnes raisons de ne pas réagir. Et il lui faudra un événement tragique pour qu’il sorte de cette surdité psychologique et sociale et apprenne à écouter ce qui se passe autour de lui mais aussi en lui. « J’ai demandé à mes enfants ce que leur évoquait le titre et ma fille m’a répondu quelque chose d’assez sympathique : « sauf le respect que je vous dois », c’est comme « va te faire foutre ! ». Et j’ai dit “oui, c’est ça...” On a beaucoup trop de respect par rapport à certaines choses... Et ce film veut dire « ça suffit ! » C’est un vrai cri de colère... J’aime bien les films où l’on dit « ça suffit », sans prétention, sans donner de leçon, où il y a même un plaisir de divertissement. Après avoir lu le scénario, j’ai dit très vite oui à Fabienne parce qu’il y avait quelque chose de fort qui était dit par rapport au contexte humain et social d’aujourd’hui. J’adore faire des films où les personnages sont des anti-héros, des Monsieur Tout Le Monde qui ont quelque chose de fort et d’important à raconter, maintenant..."

> Dominique Blanc est... Clémence

"Clémence est « une héroïne très discrète » au courage invisible, celui dont manque cruellement beaucoup de personnages dans l’histoire. De fait, c’est quelqu’un qui possède une grande force. Si au départ elle ne comprend pas ce qui lui arrive, elle va progressivement assumer et défendre son mari envers et contre tout. « La première fois que j’ai rencontré Fabienne, au bout d’un quart d’heure, on a parlé de la mort, ce qui est une chose qui n’arrive jamais dans la vie courante, et encore moins dans la vie professionnelle, où l’on est plutôt du côté des artifices. J’ai trouvé ça tellement étonnant, que quand je suis rentrée chez moi, je me suis dit que, sûrement, j’allais travailler avec cette femme... Son scénario a achevé de me convaincre. Je suis très sensible aux films qui s’emparent d’une réalité, comme ici l’univers du travail. Et il y avait là des choses que l’on n’a pas montré de cette façon : ces entreprises où les gens, par épuisement et par saturation, par fatigue, détournent la tête et ne veulent pas voir ce qui se passe autour d’eux. Ils se disent « ça ne m’arrivera pas ! ». Dans le film de Fabienne, on aborde cela à travers une fiction où, avec élégance, on entraîne le spectateur dans une situation très actuelle et authentique."

> Julie Depardieu est... Flora

"Elle est comme un passeur. Par son écoute, elle va permettre à François, le personnage principal du film, de dire sa vérité. Et par son métier de journaliste, elle va permettre à cette histoire intime d’atteindre des milliers de gens qui peut-être, eux aussi, vont se reconnaître dans ce drame. « J’ai immédiatement aimé cette histoire très humaine, qui parle des rapports entre les gens, et notamment de la domination dans un milieu social. Bien que Fabienne soit quelqu’un d’extrêmement calme, il y avait en même temps quelque chose de très violent dans son écriture. Je ne savais pas encore que le scénario s’inspirait d’une expérience personnelle. Et je trouvais assez beau cette nécessité que je sentais en elle de faire ce film. Ce désir du réalisateur, c’est ce qui porte une actrice. Moi, c’est ce qui me touche vraiment et me fait avancer. Parce que je n’ai pas l’urgence d’être actrice, mais, après vingt ans d’autisme avancé, j’ai l’urgence d’avoir un rapport à l’autre... C’est un sentiment très personnel, et je suis attirée par les gens comme Fabienne qui ont une urgence..."

> Marion Cotillard est... Lisa

"C’est l’électron libre du film. Il y a chez elle comme un ressort invisible qui lui donne une liberté incroyable. Bien qu’on sache peu de choses d’elle, on pressent que ses blessures lui donnent la force de dire « non ». Elle ne craint rien, n’accepte aucun compromis. Elle est tout le contraire de François dont elle va croiser le chemin et pour lequel elle va éprouver une tendresse immédiate... « Cet univers de l’entreprise que décrit le film, je ne le connais pas du tout. Mais ce qui était intéressant à la lecture du scénario, c’était de voir toutes les émotions contenues dans cette histoire. Particulièrement cette dureté, cette inhumanité, dans un contexte professionnel... Tout ce qui peut pousser quelqu’un jusqu’au drame alors que tout, jusque là, semblait pour lui « normal », avec une famille, une femme, un travail, des enfants... Le personnage qu’interprète Olivier Gourmet a longtemps été dans l’acceptation. Puis, il finit par refuser ça, de manière très violente. Le film montre bien à quel point l’être humain, parfois, peut se laisser enfermer dans un rôle de victime, que ça peut être une façon commode de ne pas prendre ses responsabilités. Et, par contrecoup, cette faiblesse peut conduire à des extrêmes..."

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