Les Inrockuptibles - Vincent Ostria: L'Absence

7 juin 2017

- REVIEW

" ... premier film d’une éblouissante pureté, qui joue de bout en bout sur un registre ténu, sur le rituel, la répétition (...) Ce n’est pas tant le récit que la mise en scène qui force l’admiration ; plans-séquences frontaux ; répétition mécanique de gestes quotidiens (exemple : le plan récurrent et toujours identique du plateau du petit-déjeuner).

L’idée n’est pas tant d’épuiser le réel et/ou le sens par la répétition, mais plutôt d’évoquer une sorte de stagnation, de suspension du temps. Le moi de Félicia se dilue dans ces tâches machinales, dans cet intérieur cossu dont elle ne s’éloigne guère (à part, grand événement, une sortie à la piscine avec sa patiente).

Elle finit par se fondre dans le tableau, dans le paysage. Le titre peut donc se comprendre de plusieurs façons. L’absence, c’est la disparition du mari, mais aussi la conscience défaillante de son épouse, ainsi que l’évanescence graduelle de Félicia.

Pour cela, le choix de la comédienne Cécile Coustillac est excellent. Par sa blondeur sage, son visage peu expressif, elle traduit idéalement cette disparition d’elle-même, cette absence au monde."

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" ... premier film d’une éblouissante pureté, qui joue de bout en bout sur un registre ténu, sur le rituel, la répétition (...) Ce n’est pas tant le récit que la mise en scène qui force l’admiration ; plans-séquences frontaux ; répétition mécanique de gestes quotidiens (exemple : le plan récurrent et toujours identique du plateau du petit-déjeuner).

L’idée n’est pas tant d’épuiser le réel et/ou le sens par la répétition, mais plutôt d’évoquer une sorte de stagnation, de suspension du temps. Le moi de Félicia se dilue dans ces tâches machinales, dans cet intérieur cossu dont elle ne s’éloigne guère (à part, grand événement, une sortie à la piscine avec sa patiente).

Elle finit par se fondre dans le tableau, dans le paysage. Le titre peut donc se comprendre de plusieurs façons. L’absence, c’est la disparition du mari, mais aussi la conscience défaillante de son épouse, ainsi que l’évanescence graduelle de Félicia.

Pour cela, le choix de la comédienne Cécile Coustillac est excellent. Par sa blondeur sage, son visage peu expressif, elle traduit idéalement cette disparition d’elle-même, cette absence au monde."