On arrête ou on continue ?

28 février 2011

- ARTICLE

Politique ou sentimental, l'engagement reste au coeur du premier film de Robert Guédiguian entièrement centré sur une histoire d'amour. Comment "vivre ensemble" n'est pas, ici, un slogan, mais bien la matière vivante et vibrante du film.

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Le premier film de Robert Guédiguian entièrement centré sur une histoire d’amour.  L’engagement est un mot qui parcourt toutes ses conversations et toute son œuvre ; «On arrête ou on continue ?» sont les questions récurrentes que se posent les militants… et aussi les amoureux. Marie-Jo et ses deux amours semble placer ses préoccupations loin de la cause militante, le personnage interprété par Ariane Ascaride, infirmière de métier et syndicaliste de conviction, rembarrant tout au long du film ses camarades de lutte et leurs «tout petits problèmes», frappée de ce que le réalisateur appelle «la dépression du militant». La responsabilité, l’attention à l’autre et le partage sont le cœur du film, sa matière vibrante et vivante : «vivre ensemble» n’est pas ici slogan publicitaire pour politique en manque d’imagination, c’est une réalité, un choix et un combat. D’une lumière solaire mais d’un fond très sombre, Marie-Jo et ses deux amours navigue entre les deux pulsions, de vie et de mort, et se place, dès son générique de début sous l’égide de Dante Alighieri et de La Divine Comédie : «Au milieu de la course de notre vie, je perdis le véritable chemin, et je m’égarai dans une forêt obscure : Ah ! Il serait trop pénible de dire combien cette forêt, dont le souvenir renouvelle ma crainte, était âpre, touffue et sauvage. Ses horreurs ne sont pas moins amères que les atteintes de la mort.»