Télérama - Aurélien Ferenczi: Taj Mahal

4 juillet 2018

- REVIEW

" (...) La tension monte. Elle passe par la puissance anxiogène des sons : éclats de voix, explosions, bruits de cavalcades. Sur le beau visage de la comédienne franco-britannique Stacey Martin, la caméra avait capté, dans les premières séquences, l'envie de se nourrir du réel au-dehors. A présent, c'est la terreur, et aussi, peu à peu, l'instinct de survie : très beau moment où secourir l'autre — une Italienne prisonnière des flammes, quelques étages plus bas —, c'est commencer à se sauver soi-même.

Dans son premier film, Espion(s) (2009), Nicolas Saada utilisait un genre — l'espionnage — pour évoquer avec force la trahison amoureuse. A nouveau, son presque huis clos, mis en scène au millimètre en amateur éclairé de Hitchcock, possède une double résonance : le film d'angoisse, façon Panic Room, est très réussi — c'est rare dans le cinéma français. (...) En parallèle, Taj Mahal met aussi au jour ce lien singulier qui unit une fille à son père, forcément un héros en puissance — Louis-Do de Lencquesaing, tout en inquiétude rentrée. Cette relation-là, repère dans un monde qui a perdu les siens, tire les larmes, que l'actualité récente rend plus abondantes encore.

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" (...) La tension monte. Elle passe par la puissance anxiogène des sons : éclats de voix, explosions, bruits de cavalcades. Sur le beau visage de la comédienne franco-britannique Stacey Martin, la caméra avait capté, dans les premières séquences, l'envie de se nourrir du réel au-dehors. A présent, c'est la terreur, et aussi, peu à peu, l'instinct de survie : très beau moment où secourir l'autre — une Italienne prisonnière des flammes, quelques étages plus bas —, c'est commencer à se sauver soi-même.

Dans son premier film, Espion(s) (2009), Nicolas Saada utilisait un genre — l'espionnage — pour évoquer avec force la trahison amoureuse. A nouveau, son presque huis clos, mis en scène au millimètre en amateur éclairé de Hitchcock, possède une double résonance : le film d'angoisse, façon Panic Room, est très réussi — c'est rare dans le cinéma français. (...) En parallèle, Taj Mahal met aussi au jour ce lien singulier qui unit une fille à son père, forcément un héros en puissance — Louis-Do de Lencquesaing, tout en inquiétude rentrée. Cette relation-là, repère dans un monde qui a perdu les siens, tire les larmes, que l'actualité récente rend plus abondantes encore.