Télérama - Cécile Mury, 06/04/2011: Les Aventures de Philibert, capitaine puceau

3 juin 2017

- REVIEW

" Hardi, gentils compagnons ! Remontez en selle : après des décennies de purgatoire, le film de cape et d'épée revient, plus pétulant que jamais. Et étrangement conforme à vos souvenirs d'enfance (ou à ceux de votre mamie, c'est selon). Pas mort, Le Capitan, toujours vert, Le Bossu ! Sylvain Fusée (directeur artistique de Groland) a reproduit minutieusement les divertissements des années 1950, ­pirouettes et bottes secrètes signées André Hunebelle.

Le scénariste, Jean-François Halin, n'en est pas à son premier pastiche, puis qu'il avait déjà écrit les deux OSS 117, hommages goguenards au cinéma d'espionnage. Moins de répliques qui tuent, cette fois, mais une naïveté assumée du récit, teintée d'ironie affectueuse. A deux ou trois (gros) gags près, le film n'est pas une parodie, plutôt un fac-similé gaillard : on joue à faire comme si. L'oeil qui frise et la minivague qui ondule, Jérémie Renier le « capitaine puceau », transformé en Jean Marais post-moderne, ferraille comme il dan­serait le quadrille, et s'amuse visiblement comme un petit fou. Il est ouvertement bouffon dans un film d'aventures qui pratique plutôt le clin d'oeil au douzième degré et la nostalgie fétichiste. Celle des collants pour hommes, par exemple. Verts, rouges, bleus, omniprésents (Philibert en fait collection), ces accessoires sont à l'image du film : ils collent au sujet. "

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" Hardi, gentils compagnons ! Remontez en selle : après des décennies de purgatoire, le film de cape et d'épée revient, plus pétulant que jamais. Et étrangement conforme à vos souvenirs d'enfance (ou à ceux de votre mamie, c'est selon). Pas mort, Le Capitan, toujours vert, Le Bossu ! Sylvain Fusée (directeur artistique de Groland) a reproduit minutieusement les divertissements des années 1950, ­pirouettes et bottes secrètes signées André Hunebelle.

Le scénariste, Jean-François Halin, n'en est pas à son premier pastiche, puis qu'il avait déjà écrit les deux OSS 117, hommages goguenards au cinéma d'espionnage. Moins de répliques qui tuent, cette fois, mais une naïveté assumée du récit, teintée d'ironie affectueuse. A deux ou trois (gros) gags près, le film n'est pas une parodie, plutôt un fac-similé gaillard : on joue à faire comme si. L'oeil qui frise et la minivague qui ondule, Jérémie Renier le « capitaine puceau », transformé en Jean Marais post-moderne, ferraille comme il dan­serait le quadrille, et s'amuse visiblement comme un petit fou. Il est ouvertement bouffon dans un film d'aventures qui pratique plutôt le clin d'oeil au douzième degré et la nostalgie fétichiste. Celle des collants pour hommes, par exemple. Verts, rouges, bleus, omniprésents (Philibert en fait collection), ces accessoires sont à l'image du film : ils collent au sujet. "