Télérama - Christine Chaumeau: Hissein Habré, une tragédie tchadienne

7 juin 2017

- REVIEW

L'ancien dictateur tchadien Hissein Habré a été condamné à la prison à perpétuité, en mai dernier, pour crimes contre l'humanité. Une victoire pour les victimes de son régime. Quarante mille personnes seraient mortes entre les mains de ses services de sécurité entre 1982 et 1990. Ancien ami de la France et des Etats-Unis, Hissein Habré s'était réfugié au Sénégal en décembre 1990. A l'abri, croyait-il, de la justice. La détermination des survivants l'a emporté. Durant une décennie, ils n'ont jamais baissé les bras, étayant leur argumentaire et aboutissant à la création, à Dakar, d'un tribunal mis en place pour l'occasion. Une première sur le sol africain pour juger un dirigeant africain.

C'est à leur courage et à leur constance que le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun rend hommage. Ainsi de Clément Abaïfouta, président de l'Association des victimes des crimes du régime de Hissein Habré. La vie de cet étudiant en littérature bascule en 1985, quand il est arrêté. Employé comme fossoyeur par ses geôliers pour enterrer les corps des prisonniers décédés en détention, il sillonne désormais le pays et fédère la parole des survivants. Pour éviter que le souvenir des disparus ne s'éteigne. Mahamat-Saleh Haroun ne montre jamais le bourreau. Mais son empreinte plane sur le film, comme son ombre sur un pays meurtri. Même la beauté des cieux tchadiens en semble ternie.

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L'ancien dictateur tchadien Hissein Habré a été condamné à la prison à perpétuité, en mai dernier, pour crimes contre l'humanité. Une victoire pour les victimes de son régime. Quarante mille personnes seraient mortes entre les mains de ses services de sécurité entre 1982 et 1990. Ancien ami de la France et des Etats-Unis, Hissein Habré s'était réfugié au Sénégal en décembre 1990. A l'abri, croyait-il, de la justice. La détermination des survivants l'a emporté. Durant une décennie, ils n'ont jamais baissé les bras, étayant leur argumentaire et aboutissant à la création, à Dakar, d'un tribunal mis en place pour l'occasion. Une première sur le sol africain pour juger un dirigeant africain.

C'est à leur courage et à leur constance que le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun rend hommage. Ainsi de Clément Abaïfouta, président de l'Association des victimes des crimes du régime de Hissein Habré. La vie de cet étudiant en littérature bascule en 1985, quand il est arrêté. Employé comme fossoyeur par ses geôliers pour enterrer les corps des prisonniers décédés en détention, il sillonne désormais le pays et fédère la parole des survivants. Pour éviter que le souvenir des disparus ne s'éteigne. Mahamat-Saleh Haroun ne montre jamais le bourreau. Mais son empreinte plane sur le film, comme son ombre sur un pays meurtri. Même la beauté des cieux tchadiens en semble ternie.