Télérama - Louis Guichard: Fleurs de sang

3 juin 2017

- REVIEW

"Myriam Mézières, auteure et coréalisatrice du film, tient ce rôle de saltimbanque fauchée au coeur d'artichaut, qui croit pouvoir accorder le monde à ses rêves (d'amour, de beauté, de fantaisie), alors qu'elle s'achemine vers une catastrophe personnelle, et son enfant avec elle. En un sens, le film témoigne d'un même acharnement têtu.

Autour de deux destins conjoints (la mère et la fille), il vise coûte que coûte le lyrisme, l'ampleur et le chatoiement, mais à partir de moyens modestes et d'une captation en vidéo ­ qui a généralement pour effet de renvoyer le cinéma à sa part documentaire. Mais la force de Myriam Mézières ­ déjà au centre de deux films d'Alain Tanner, Une flamme dans mon coeur, Journal de lady M ­ est de savoir ce qu'elle veut.

Ce qu'elle veut montrer : d'abord son corps, reflet théâtralisé du passage des années au fil de l'histoire. Ce qu'elle veut raconter : des liens indéfectibles, par-delà les avanies de l'existence. Un aussi impérieux désir préserve le film des écueils qui le guettent à tout moment, l'exhibitionnisme, la naïveté, l'outrance, le ridicule. Il permet aussi, alors qu'on craint, au bout d'une heure, un déraillement fatal, d'acheminer ce récit abracadabrant vers une fin absolument poignante : de celles qui rehaussent, a posteriori, la valeur des bobines les plus kamikazes."

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"Myriam Mézières, auteure et coréalisatrice du film, tient ce rôle de saltimbanque fauchée au coeur d'artichaut, qui croit pouvoir accorder le monde à ses rêves (d'amour, de beauté, de fantaisie), alors qu'elle s'achemine vers une catastrophe personnelle, et son enfant avec elle. En un sens, le film témoigne d'un même acharnement têtu.

Autour de deux destins conjoints (la mère et la fille), il vise coûte que coûte le lyrisme, l'ampleur et le chatoiement, mais à partir de moyens modestes et d'une captation en vidéo ­ qui a généralement pour effet de renvoyer le cinéma à sa part documentaire. Mais la force de Myriam Mézières ­ déjà au centre de deux films d'Alain Tanner, Une flamme dans mon coeur, Journal de lady M ­ est de savoir ce qu'elle veut.

Ce qu'elle veut montrer : d'abord son corps, reflet théâtralisé du passage des années au fil de l'histoire. Ce qu'elle veut raconter : des liens indéfectibles, par-delà les avanies de l'existence. Un aussi impérieux désir préserve le film des écueils qui le guettent à tout moment, l'exhibitionnisme, la naïveté, l'outrance, le ridicule. Il permet aussi, alors qu'on craint, au bout d'une heure, un déraillement fatal, d'acheminer ce récit abracadabrant vers une fin absolument poignante : de celles qui rehaussent, a posteriori, la valeur des bobines les plus kamikazes."

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