03 JUIN 2017

Télérama - Pierre Murat: A 14 ans

" Les adultes ? Absents ou impuissants. Trop occupés à tenter de réussir leur vie — ou la rater. Les garçons ? Des mutants à la voix à peine muée, gérant leur testostérone à coups de rires, de blagues et de vantardises. La cinéaste filme avec brio des soirées sans fin où garçons et filles se réunissent en groupes compacts. Et elle fait du collège un petit théâtre où tous s'agitent, se bousculent, s'offrent et se dérobent. C'est à qui fumera le plus, picolera le plus et parlera cul avec les mots les plus crus. Mais gare à celle que ses copines soupçonnent d'être passée à l'acte : la salope sera aussitôt exclue, poursuivie, harcelée. Jusqu'au moment où le clan qui l'avait rejetée la réintégrera aussi mystérieusement qu'il l'avait exclue. A 14 ans, la morale est rigide et fugace... C'est cette violence que saisit le film, cette urgence. Aucune prétention sociologique, aucune volonté psychologique. La réalisatrice filme des instants, des rituels, des moments mouvants : la première fois si triste de Sarah, l'amorce du sentiment amoureux chez Louise, les amitiés retrouvées de Jade. C'est un portrait de groupe à un instant donné. Avec l'espoir qu'à 15 ans tout sera différent..."

" Les adultes ? Absents ou impuissants. Trop occupés à tenter de réussir leur vie — ou la rater. Les garçons ? Des mutants à la voix à peine muée, gérant leur testostérone à coups de rires, de blagues et de vantardises. La cinéaste filme avec brio des soirées sans fin où garçons et filles se réunissent en groupes compacts. Et elle fait du collège un petit théâtre où tous s'agitent, se bousculent, s'offrent et se dérobent. C'est à qui fumera le plus, picolera le plus et parlera cul avec les mots les plus crus. Mais gare à celle que ses copines soupçonnent d'être passée à l'acte : la salope sera aussitôt exclue, poursuivie, harcelée. Jusqu'au moment où le clan qui l'avait rejetée la réintégrera aussi mystérieusement qu'il l'avait exclue. A 14 ans, la morale est rigide et fugace...

C'est cette violence que saisit le film, cette urgence. Aucune prétention sociologique, aucune volonté psychologique. La réalisatrice filme des instants, des rituels, des moments mouvants : la première fois si triste de Sarah, l'amorce du sentiment amoureux chez Louise, les amitiés retrouvées de Jade. C'est un portrait de groupe à un instant donné. Avec l'espoir qu'à 15 ans tout sera différent..."