Télérama - Raoul Mbog : God Save Russia

6 septembre 2018

- REVIEW

Décembre 2016, Kirill effectue sa première visite à Paris. Le seizième patriarche de Moscou vient consacrer la somptueuse cathédrale de la Sainte-Trinité, quai Branly. L’événement est perçu comme un signe ­ostensible de la volonté d’expansion de l’Eglise orthodoxe russe — qui revendique déjà plus de cent millions de fidèles dans le monde — et son souhait de s’imposer comme une puissance susceptible d’influencer tous les aspects de la vie. Un objectif clairement affiché par Kirill, 71 ans, depuis son élection en 2009. Ce portrait permet de comprendre comment ce chef spirituel est devenu l’une des dix personnalités politiques les plus influentes en Russie. Son ascension fulgurante, il la doit à des discours très conservateurs dans un pays en quête de repères depuis la fin de l’ère soviétique. « Je n’ai pas d’autre choix », l’entend-on affirmer sans ambages, au fil de ce film enrichi du regard éclairant d’historiens, de spécialistes en géopolitique et d’anciens proches laïcs. Tous rappellent, souvent avec beaucoup de sarcasme, de quelle manière l’ambition de Kirill est du pain bénit pour Vladimir Poutine. Le président russe s’appuie sur la capacité fédératrice de l’Eglise pour asseoir son pouvoir. En échange, il lui restitue sa grandeur, à grands coups de roubles.

 

Le 29 août 2018

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