Télérama : Starbucks sans filtre

27 août 2018

- REVIEW

Peut-être vous êtes-vous déjà laissé tenter par un de ses frappuccinos, saveur cheesecake, ou de ses thés glacés parfumés à la fraise. En témoignent les files d’attente monstrueuses qui se pressent à l’ouverture de chaque nouvelle enseigne, la chaîne américaine Starbucks est devenue, depuis sa création, en 1971, un incontournable mondial de la consommation de café. Mais derrière les paillettes de ce « luxe abordable », nouveau symbole de réussite sociale, se dessine une réalité bien plus prosaïque. Le tandem Hermann-Bovon parvient à aborder une grande variété de problématiques, de l’optimisation fiscale au taux élevé en sucre des boissons, en passant par le commerce prétendument équitable. Avec, en prime, un vrai travail d’immersion journalistique mené dans l’équipe de baristas d’un café parisien, afin de briser l’omerta autour des conditions de travail.

 

L’ensemble, très dense, pourrait frôler le trop-plein, mais le doc parvient à ménager quelques respirations, notamment grâce aux poétiques tableaux en sable coloré réalisés par l’artiste suisse Cedric Cassimo. Et s’il devient de plus en plus difficile de s’étonner devant les agissements de multinationales, ce grand écart permanent entre progressisme de façade et réalité des pratiques mérite qu’on s’y attarde. Chez Starbucks, maître de l’illusion, tout n’est en fin de compte qu’une question d’apparence.

Le 27 août 2018

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