Télérama - Vincent Remy: Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)

3 juin 2017

- REVIEW

" Film-somme, grand ouvrage romanesque, saga générationnelle qui a achevé de révéler Arnaud Desplechin ; son intitulé étriqué (Comment je me suis disputé...) et narcissique (ma vie sexuelle) annonce l'introspection, le « film de chambre », genre très français s'il en est. Mais Desplechin s'applique à détourner ce genre et à lui donner une tout autre ampleur. Le personnage central, Paul Dédalus, est un héros de notre temps, un jeune homme ordinaire qui gère ses petites fuites devant la vie et ses grandes lâchetés devant les filles avec le seul alibi de l'autodérision. Prétendument architecte de son existence, il se perd dans le labyrinthe qu'il s'est construit et y perd toutes celles qui s'y aventurent.

Paul, c'est Mathieu Amalric, époustouflant. Les filles ont la part belle. L'obstination du discours masculin vient buter sur leur sensualité incandescente. Ce combat est aussi celui du film : la cérébralité assumée des dialogues s'efface devant le frémissement qui parcourt chacun des plans. Un grand film impudique et dérangé, comme son héros, Paul."

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" Film-somme, grand ouvrage romanesque, saga générationnelle qui a achevé de révéler Arnaud Desplechin ; son intitulé étriqué (Comment je me suis disputé...) et narcissique (ma vie sexuelle) annonce l'introspection, le « film de chambre », genre très français s'il en est. Mais Desplechin s'applique à détourner ce genre et à lui donner une tout autre ampleur. Le personnage central, Paul Dédalus, est un héros de notre temps, un jeune homme ordinaire qui gère ses petites fuites devant la vie et ses grandes lâchetés devant les filles avec le seul alibi de l'autodérision. Prétendument architecte de son existence, il se perd dans le labyrinthe qu'il s'est construit et y perd toutes celles qui s'y aventurent.

Paul, c'est Mathieu Amalric, époustouflant. Les filles ont la part belle. L'obstination du discours masculin vient buter sur leur sensualité incandescente. Ce combat est aussi celui du film : la cérébralité assumée des dialogues s'efface devant le frémissement qui parcourt chacun des plans. Un grand film impudique et dérangé, comme son héros, Paul."