Une comédie sans second degré, avec franchise et sincérité

28 février 2011

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Cinéastes en duo, Ducastel et Martineau, expliquent lutter contre un monde fondé sur l'opposition : leur comédie est "un conte moderne". On y trouve l'amour, on y chante, on y rit et on y est bien.

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Jacques Martineau : "Cette histoire a le parfum d'une utopie, celle d'un monde dans lequel le jeu des désirs ne mène pas forcément à l'affrontement. Dans la vie, une alternative existe à la concurrence ou à l'opposition, des solutions à l'amiable peuvent être envisagées. Je trouve que nous vivons dans un monde où l'on essaie de nous faire croire que l'affrontement violent des désirs serait le seul mode de relation sociale. Je réfute cela. Notre histoire s'apparente à un conte moderne où tout se termine par des "mariages" et des chansons.Olivier a commencé à me parler du projet et, en discutant, l'envie d'un film plutôt drôle nous est venue. Et pourquoi ne pas aborder frontalement la comédie ? À partir de là, j'ai repris l'écriture. Cela nous a amusé de nous fixer des contraintes, par exemple celle du décor unique - une villa -, une unité de temps - un mois d'été -, une famille en vacances, des personnages qui suivent leurs désirs, des quiproquos, des secrets, des mensonges... Et nous voulions traiter le tout avec drôlerie, sincérité et franchise, sans second degré."Olivier Ducastel : " Pour donner au film un élan joyeux et plein de vie, les quiproquos doivent s'enchaîner pour provoquer fausses pistes et malentendus. Pour cela, les personnages doivent peu à peu entrer dans le film, chacun à sa façon, pour tendre les fils. Une fois la famille présentée, en effet, chaque arrivée d'un nouveau personnage donne une nouvelle impulsion à l'intrigue et donne lieu à un traitement différent : l'arrivée de Martin à la gare est traitée de façon classique et réaliste, celle de Mathieu, l'amant de Béatrix, est plus ironique et onirique, etc...  L'histoire de cette famille en vacances pouvait donner naissance à un drame psychologique. Le père qui retrouve son premier amour, la mère prise entre un amant exigeant et sa famille, le fils qui achève de construire son identité sexuelle, son meilleurami qui l'aime sans espoir et souffre en silence... Mais, dans le même esprit que celui qui présidait à DRÔLE DE FÉLIX, nous voulions aborder thèmes et personnages types en proposant une approche différente. Du côté de la comédie, avec vaudeville et claquage de portes, et de la fantaisie, avec de la musique."