Bertrand, un cinéaste reconnu, travaille sur son prochain film. Celui-ci est consacré à la monstruosité dans la peinture. Il est guidé dans ses recherches par une historienne d’art, Célia Bhy, avec laquelle il entame des discussions étranges et passionnées...

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Critique (1)

Transfuge - Damien Aubel, n°91 - Octobre 2015: Le Dos Rouge
" Bertrand (Bertrand Bonello), cinéaste en plein tâtonnement créatif, se meut au ralenti dans un monde d’ombres équivoques, au seuil d’un univers rendu soudain fantastique. Comme une initiation à l’envers du monde.
Etape numéro un de cette trajectoire : la désorientation. Antoine Barraud s’en donne à cœur joie, télescope les contraires, brouille, rebrouille les lignes de démarcation. D’abord entre Bertrand le personnage, et Bonello son interprète, l’un comme l’autre obsédés par le monstrueux : Bertrand est en quête d’un échantillon de monstruosité dans la peinture pour un projet de film encore très diffus ; Bonello, lui, a fait Tiresia. Bertrand s’adjoint donc les services d’une historienne de l’art, Célia. « Une » historienne ? Voire...
Tantôt jouée par Jeanne Balibar, tantôt incarnée par Géraldine Pailhas, le personnage se dédouble. Le monde s’est dissous. Débarrassé des grilles logiques et des catégories bien tranchées, l’initié (Bertrand, le spectateur) accède à une autre vision. Une révélation d’ordre esthétique. Les nappes lumineuses, les vapeurs brouillées des éclairages. La lumière, soit le principe de la couleur."

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