Si on enlève la dernière partie (en mer) , un peu top pré-conçue, et filmée médiocrement, le film se défend.
Il est bon quand il navigue entre deux eaux, et sait conserver un suspense stylistique, où rôde le fantôme de Jacques Tati. La bande son par moment est remarquable, avec des dialogues qui ne s'emboîtent pas forcément, et délivre une atmosphère proche de la torpeur ou du rêve éveillé qui emprisonne les personnages dans leur solitude.
C'est surtout vrai pour le personnage de Jacques, le père qui bien souvent frise la schizophrénie. Parle-t'il vraiment à quelqu'un d'autre qu'à lui-même?
On peut en douter, ce qui confère à des situations insignifiantes d'étranges vertiges, où le fantastique n'est jamais très loin.
Guilaine Londez réussit une performance d'actrice de grande qualité en faisant voler en éclat par sa sensualité et la belle musicalité de son jeu, la part ultra stéréotypée de son rôle de mère.
Un film à voir, assurément.