Alice, mère célibataire, est une phytogénéticienne spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur remarquable dont le parfum est censé rendre son propriétaire heureux. Fière de son invention, elle en ramène un spécimen chez elle, pour l’offrir à son fils, un jeune adolescent. Peu à peu, Alice constate un changement d'attitude chez lui et commence à soupçonner sa créature végétale. Prix d'interprétation féminine au festival de Cannes 2019 pour Emily Beecham.
Premier rôle : Emily Beecham
Second rôle : Ben Whishaw
Second rôle : Kerry Fox
Second rôle : Kit Connor
Second rôle : David Wilmot
Second rôle : Phénix Brossard
Second rôle : Sebastian Hülk
Second rôle : Leanne Best
Second rôle : Yana Yanezic
Second rôle : Andrew Rajan
Second rôle : Lindsay Duncan
Second rôle : Goran Kostic
Réalisation : Jessica Hausner
Scénario : Géraldine Bajard
Scénario : Jessica Hausner
Producteur : Philippe Bober
Producteur : Bertrand Faivre
Producteur : Martin Gschlacht
Producteur : Jessica Hausner
Producteur : Gerardine O'Flynn
Producteur : Bruno Wagner
Producteur : The Bureau
Directeur de la photo : Martin Gschlacht
Montage : Karina Ressler
Son : Erik Mischijew
Décors : Katharina Wöppermann
Costumes : Tanja Hausner
- Date de sortie en salles : 13 novembre 2019
- Type de film : Long métrage
- Couleur : Couleur
- Langue : Arabe
- Date de production : 2019
- Pays de production : Allemagne, Autriche
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Critiques (2)
- ecranlarge.com - Simon Riaux: Little Joe"Pour son premier long-métrage fantastique Little Joe, la réalisatrice Jessica Hausner a connu les honneurs de la compétition officielle cannoise, où sa comédienne principale, Emily Beecham, a remporté le Prix d’interprétation féminine. Au-delà de cet honneur, on peut se réjouir que la Croisette ait mis en lumière un film de genre aussi cruel et attachant.
Ancienne scripte de Michael Haneke, scénariste, productrice, narratrice d’œuvres engagées aux côtés de personnages féminins aux passions ballottées entre des entités aliénantes, on n’attendait pas Jessica Hausner du côté d’une science-fiction horrifique old school. C’est pourtant précisément de ce genre que relève Little Joe, dans lequel une biologiste, dédiée à la création d’une plante génétiquement modifiée, réalise que le végétal développe sur les humains une forme d’emprise inédite.
Alors que le comportement de ses collègues change presque imperceptiblement, Alice s’interroge sur la nature de son travail, comme des liens sociaux qui la relient aux autres. C’est donc ici à un mélange des Profanateurs de sépulture et des Femmes de Stepford que nous convie la cinéaste, qui connaît parfaitement sa partition. Sur le papier, Little Joe dégaine une à une toutes les étapes classiques du récit de possession, comme du cinéma parano. Optant pour une mise en scène qui privilégie les longs plans ordonnés géométriquement, Hausner interroge ici le régime de l’image, avec une perniciosité consommée.
Le découpage glacial et l’absence apparente d’empathie de la caméra proviennent-ils d’un cerveau humain sardonique, ou sont-ils l’expression d’un monde déjà rendu à la soumission et acceptant le végétal manipulateur comme son maître ? En apparence programmatique, le scénario peut ainsi distiller avec un art consommé de l’ambiguïté de véritables zones de troubles.
En témoignent des séquences impeccables, où le dialogue suffit à générer une angoisse palpable, comme lors d’une confrontation terrible entre Alice, son fils et une jeune amie, où la réalisatrice montre qu’elle est capable de ruptures de ton aussi subites que subtiles, générant des frissons inattendus.
Mais Little Joe, s’il offre aux cinéphiles nostalgiques des frissons paranoïdes de très beaux moments de tension suspendue, n’en reste pas là. Le programme de Jessica Hausner est connu, et elle semble de prime abord ne pas vouloir le révolutionner. Plutôt que d’imprimer sur sa narration des retournements ou fourches caudines qui prendraient le genre à revers, l’artiste feint d’en suivre chaque étape, pour mieux nuancer le sens de chacune d’elle.
Dans L'Invasion des profanateurs de sépulture de Don Siegel, mais aussi dans ses remakes, ainsi que dans Les Femmes de Stepford, le phénomène d’uniformisation est ici repensé comme une possible subversion des tropismes destructeurs de la société humaine, soudain dominée par une volonté végétale, emportée par un désir coercitif d’harmonie. C’est là que la partition d’Emily Beecham prend tout son sens.
Individualiste revêche, profondément antipathique dans la première partie du récit, elle va progressivement nous toucher, au fur et à mesure que ses tares apparaissent comme autant d’emblèmes d’une imperfection tout humaine, contre laquelle Little Joe est partie en guerre. Son jeu trouble, tour à tour froid et inquiet, devient un formidable tremplin émotionnel, alors que l’horreur se déplace – discrètement – sur le terrain du genre.
Qui, de sa collègue ouvertement rebelle ou d’elle, à la fronde moins visible, mais tout aussi engagée, sera la première à déclencher les foudres de ses collègues potentiellement contaminés ? Derrière ces pures problématiques de genre se joue un autre programme, d’équilibriste celui-là, rendu possible par le découpage faussement indolent de Hausner, qu’on a trop vite rapproché de celui de Haneke.
Et si, derrière ce cauchemar scientifique, cette révolution de photosynthèse se jouait finalement une comédie noirissime, sur la beauté du renoncement, et la vanité investie dans le concept même d’individu ? La tristesse authentiquement humaine, vaut-elle mieux qu'une sérénité chimiquement induite ? Autant d’interrogations que le métrage distille comme des graines, et qui croissent longtemps après son visionnage, confirmant son statut de mordante fable de SF."
- Culturebox - Jacky Bornet: Little Joe"Remarquée à Cannes dans la section Un certain regard en 2014 avec Amour fou, librement adapté de la vie suicidaire du poète romantique Heinrich von Kleist, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner passe à un registre radicalement différent, avec Little Joe, un film de science-fiction sur les manipulations génétiques qui sort mercredi 13 novembre. En compétition au dernier Festival de Cannes, le film a été récompensé du Prix d'interprétation féminine, revenu à l'actrice britannique Emily Beecham.
Mère célibataire vivant avec son fils adolescent, Alice (Emily Beecham) est une brillante phyto-généticienne travaillant dans un laboratoire qui œuvre à la création de nouvelles plantes. Elle met au point une fleur dont le parfum est censé rendre les gens heureux. Baptisée Little Joe en pensant à son fils, les pouvoirs de cette plante nouvelle pourraient ne pas être aussi innocents qu’ils y paraissent.
Dès le premier magnifique plan sur la culture en batterie de cette plante florale rouge très graphique, Jessica Hausner instaure un code pictural qui ne quittera plus le film. Fondée sur des cadrages millimétrés, des travellings fluides et des couleurs pastel très ajustées, l’image n’est pas pour autant esthétisante. Sa froideur volontaire, cohérent avec son sujet autour de la science, s’avère un vrai choix de mise en scène.
Situé majoritairement dans un laboratoire, le film explore sur des sujets qui ont testé les effets de Little Joe les conséquences sur leur comportement. S’ils se révèlent effectivement apaisés, sinon heureux après avoir été mis à son contact, ils semblent perdre leur personnalité et toute l’aspérité qui faisait leur identité. En cela Little Joe rappelle L’Invasion des profanateurs de sépultures, classique de la science-fiction signé Don Siegel de 1956, où des plantes extraterrestres deviennent les exacts avatars de personnes qu’elles ont préalablement "endormies".
Sans jamais vraiment se prendre au sérieux, faisant preuve d’une belle invention visuelle, et habité d’une musique expérimentale tout en référence au Kabuki japonais, Little Joe dégage un climat anxiogène respectueux de la veine paranoïaque de la science-fiction."
vos avis (40)
Tout voir- MATHILDE03 février 2026votre évaluation 3.5 sur 5
- Utilisateur anonyme22 janvier 2026votre évaluation 0.5 sur 5
- Jean-Paul12 octobre 2025votre évaluation 5 sur 5J'ai beaucoup aimé ce film tant pour le scénario, les décors et le jeu des acteurs.
- Juan Manuel14 septembre 2025votre évaluation 4 sur 5
- benoit03 janvier 2025votre évaluation 4 sur 5Très bon film de SF dans la ligné de "L’invasion des profanateurs de sépultures" de Don Siegel
- Fabrice02 janvier 2025votre évaluation 4 sur 5superbe photo et bande son originale qui rehausse magnifiquement le propos . En tant qu'amateur du genre , j'avais étonnement loupé ce film qui est vraiment remarquable dans sa subtilité ...
- sYLVAIN21 décembre 2024votre évaluation 3 sur 5très esthétique, raffiné. Rythme particulier, un peu lent, très séduisant.
- Adrien27 septembre 2024votre évaluation 4 sur 5
- Eloane18 décembre 2023votre évaluation 3 sur 5
- Noemie02 décembre 2023votre évaluation 5 sur 5Film très intéressant soutenu par un esthétisme très agréable !
- Laurent22 juillet 2023votre évaluation 4 sur 5Un très bon petit film de SF bien maîtrisé. Les "profanateurs de sépultures" et les "Triffides" ne sont pas loin mais cela donne un éclairage intéressant sur la responsabilité du séquençage de l'ADN. A noter une esthétique impeccable, à la "GATTACA", inspirant confiance et méfiance envers la science.
- HELENE24 juin 2023votre évaluation 0.5 sur 5piou, téléphoné et agaçant... même les images semblent déjà vues et revues... quel ennui long long....
- Véronique03 avril 2023votre évaluation 5 sur 5« Respire, c’est du bon (ou pas). » Il ne fait pas bon respirer en ce moment ? Que diriez-vous de sentir la suave odeur d’une fleur extraordinaire ? Très mauvaise idée ! C’est ce que se dit Alice, botaniste, lorsqu’elle se rend compte que sa nouvelle création florale appelée « Little Joe » va plus loin que provoquer le bien-être de ceux qui la possèdent… A la fois écolo, scientifiques, économique, ce film interroge sur la place des manipulations génétiques dans notre société, allons-nous trop loin ? Dans quel but finalement ? La réalisatrice a sans nul doute vu le film « l’invasion des profanateurs », mais là, les ennemis de l’humanité ne sont plus des extra-terrestres. Encore plus inquiétant…
- Gaetan30 juillet 2022votre évaluation 4 sur 5Bon jeu d'acteurs avec une ambiance portée par la musique inspirée du kabuki ainsi qu'une image bien travaillée. Une bonne surprise
- Christelle25 avril 2022votre évaluation 5 sur 5Alice au pays des smartphones... Avec masques et booster viral !
- Isabelle11 décembre 2021votre évaluation 4 sur 5Ce film m'a rendue heureuse :)
- MVJ07 novembre 2021votre évaluation 3 sur 5Belles images, surtout dans l'usage de la couleur. Bande-son très surprenante et bien choisie. La réflexion sur l'authenticité du bonheur est intéressante. Film contemplatif...
- Emilie28 octobre 2021votre évaluation 4 sur 5Une ambiance particulière et un très bon jeu d'acteurs. A voir.
- Béatrice26 octobre 2021votre évaluation 5 sur 5Magnifique
- Mathieu25 septembre 2021votre évaluation 4 sur 5