Dans une petite ville d'Auvergne, la gérante d'un salon de coiffure se trouve au centre d'une ronde où une enveloppe remplie d'argent mène la danse. Qui a dit que l'argent ne faisait pas le bonheur ? Les riches ? Une fable pétulante par l'auteur de "Romaine" et "Du poil sous les roses", avec Carmen Maura.

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Critique (1)

Les Inrockuptibles - Vincent Arquillière: Mentir un peu
"Agnès Obadia, n'est pas vraiment une inconnue : on lui doit notamment quelques courts métrages dans lesquels elle se mettait elle-même en scène dans le rôle de Romaine, une fille franchement à l'ouest, ainsi qu'un long au propos assez audacieux, Du poil sous les roses. Si sa fantaisie débridée, voire régressive, est ici un peu plus canalisée (...) son film est une fable maligne autour de l'argent, sa circulation et la façon dont il transforme les gens.
Agnès Obadia et son coscénariste Guy Zilberstein ont imaginé un récit en forme de ronde, où une enveloppe de papier kraft remplie de billets de banque finit, après être passée par bien des mains, par revenir à son point de départ : le bureau d'un conseiller financier de la Brac (!) interprété par Serge Riaboukine, qui a de façon inconsidérée prêté cette forte somme en liquide à un client pseudo-suicidaire. Prémices peu vraisemblables, certes, mais les auteurs ne prétendent pas refaire L'Argent de Bresson. Leur constat est moins tragique : l'argent peut faire le bonheur de ceux qui le donnent ou le rendent... tant qu'ils ne leur appartient pas. Objet transitionnel, le magot va rapprocher des êtres solitaires, former ou reformer des couples parfois inattendus, et produire de la fiction, puisque chacun est amené à inventer des histoires pour l'obtenir (...)
...dialogues piquants et d'un casting aux petits oignons (la délicieuse Roxane Mesquida, vue chez Catherine Breillat, Carmen Maura en clin d'œil à Almodovar, Philippe Pollet-Villard impayable en maniaco-dépressif...)"