" Sujet douloureux. Oeuvre grave. On n'est pas dans le sensationnel, mais dans le film document tel que le concevait, chez nous, Yannick Bellon lorsqu'elle tournait
L'Amour violé.
Icíar Bollaín ne simplifie rien, et surtout pas le personnage masculin que l'on devine, peu à peu, aussi apeuré que celle qu'il bouscule et frappe pour mieux se rassurer. Apeuré, certes, mais sans excuse : le regard de la réalisatrice épouse constamment celui de son héroïne qui, entre détestation de l'autre et mépris de soi, saura, insensiblement, trouver la force de prendre un nouveau départ. Renaître, enfin. Le film ressemble au parcours de Pilar (formidablement interprétée par Laia Marull) : banal à certains moments, angoissant le plus souvent. Constamment traversé, en tout cas, par des éclats de révolte. Et d'espoir."