"Or le film, c'est encore autre chose, que seules ses couleurs sombres et luisantes, ou son montage syncopé, annoncent un peu : un polar, tout bêtement, une histoire de magouilles, de marigot et de magot. À rapprocher, donc, du premier film de Jacques Audiard, Regarde les hommes tomber, plutôt que du deuxième, Un héros très discret. (...) Cette mécanique policière, avec suspense et accès de violence en règle, a l'inconvénient de faire passer à l'arrière-plan ce qui jusque-là aimantait l'attention : la rencontre insolite de deux outsiders. (...)
Malgré ces maladresses, malgré la propension de Jacques Audiard à rendre son film plus confus qu'il ne l'est (par des effets de montage et une intrigue subalterne), le cinéaste veille à ne jamais couper les ponts avec son atout principal, c'est-à-dire le drôle de portrait d'une fille trouble, esquissé dès les premières images. (...)
En ce sens, Sur mes lèvres est un film noir original, qui finit là où les autres commencent : par l'apparition d'une garce."