Liste de lecture deMichael Haneke
0 filmLorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s’occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l’accord de son mari, un homme psychologiquement instable… Déjà récompensé par le prix du Jury œcuménique, le double prix de la meilleure interprétation (féminine et masculine) et par l'Ours d'or à la Berlinale en 2011, "Une Séparation" a reçu le César puis l'Oscar 2012 du Meilleur Film Etranger. L'un des films-phares de l'année, remportant un immense succès critique et public.
Premier rôle : Peyman Moaadi
Premier rôle : Leila Hatami
Premier rôle : Sareh Bayat
Premier rôle : Shahab Hosseyni
Second rôle : Sarina Farhadi
Second rôle : Merila Zare'i
Second rôle : Ali-Asghar Shahbazi
Second rôle : Babak Karimi
Réalisation : Asghar Farhadi
Producteur : Asghar Farhadi
Directeur de la photo : Mahmoud Kalari
Montage : Hayedeh Safi-Yari
Son : Mahmoud Samakbashi
Musique originale : Sattar Oraki
Décors : Keyvan Moghaddam
Producteur exécutif : Negar Eskandarfar
- Date de sortie en salles : 08 juin 2011
- Type de film : Long métrage
- Couleur : Couleur
- Langue : Arabe
- Date de production : 2010
- Pays de production : Iran
- Titre original : Jodaeiye Nader az Simin
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Critiques (6)
- Studio Ciné Live - Sophie Benamon: Une séparation" Scène après scène, le spectateur est bousculé dans ses certitudes. Entre surprise et compassion, il bascule grâce à une dramaturgie impeccable qui fait de chaque scène un moment quasi inoubliable."
- Les Inrockuptibles - Serge Kaganski: Une séparation" ... c’est un grand film qui part d’un petit sujet (en apparence).
Au départ, une banale situation de couple en conflit, au bord du divorce. Elle veut partir vivre à l’étranger, pour elle et pour l’avenir de leur fille ; il préfère rester en Iran, pour leur fille aussi, et pour s’occuper de son vieux père malade.
Ce qui est déjà moins banal, c’est que ce couple ne correspond pas à l’image que l’on se fait bêtement d’un couple iranien : pas de turban et de tchador à l’horizon, mais un homme et une femme qui par leurs vêtements (à l’exception du foulard de l’épouse), leur cadre de vie urbain, leur façon de réagir et de s’exprimer pourraient aussi bien vivre à Paris, Londres ou New York.
A la situation de famille en plein psychodrame s’ajoute bientôt une autre couche conflictuelle (...) L’enchaînement de causes et d’effets de plus en plus chaotiques est le principe moteur du film (...) comme dans certaines expériences chimiques, Une séparation progresse sur une série d’explosions relationnelles qui font grimper le tensiomètre avec une force et un sens du rebond impressionnants. Mais derrière cette matière humaine qui suffirait à faire d’Une séparation un film fort, se déploient des strates philosophiques et politiques tout aussi admirables (...) Une séparation pourrait ainsi être vu et lu comme un questionnement sur le concept de vérité. Les conflits évoluent au cours du film, au fur et à mesure des différents points de vue des protagonistes et d’éclairages que l’on ne percevait pas au départ.
La vérité est-elle univoque et gravée dans le marbre des faits ? Ou bien est-elle polysémique, évolutive, selon le point de vue de chacun ? Question de philo et de cinéma, au cœur de ce film qui n’a pourtant rien de didactique.
Et puis, à travers cette lorgnette des petites guerres banales du quotidien opposant des couples ou des concitoyens, c’est un tableau de l’Iran contemporain qui apparaît en filigrane, avec ses institutions débordées, ses inégalités sociales, ses tensions de classes, un état de nerfs généralisé en lequel on ne peut s’empêcher de reconnaître la situation politique actuelle du pays.
Jouant en permanence sur ces trois niveaux, intimiste, philosophique et politique, Une séparation est surtout un film extrêmement physique, tendu, électrique, plongeant ses acteurs (tous extraordinaires d’intensité) et sa fiction dans le bain bouillonnant de la société iranienne réelle. Un cinéma du plein, âpre, sans répit, riche en montées d’adrénaline..."
" - Le Monde - Jean-Luc Douin: Une séparation" Pour relativiser les lectures faites par les uns et les autres de son film, Une séparation, Asghar Farhadi raconte volontiers une histoire. Un éléphant se retrouve au milieu d'une pièce pleine de gens et plongée dans l'obscurité. Tout le monde est invité à le toucher pour deviner de quoi il s'agit. Celui qui touche une patte a l'impression d'avoir affaire à la colonne d'un temple, celui qui palpe une oreille pensera à une feuille d'arbre tropical, celui qui touche sa trompe vous dira qu'il s'agit d'un saxophone. "Si on allume la lumière, tout le monde s'accorde pourtant sur le fait que c'est un éléphant."
Ils ont tous tort, et en même temps ils ont tous raison. Chacun juge en fonction de ses critères personnels, et planent toujours suffisamment d'ombres pour que le regard que l'on porte sur le monde reste partiel, subjectif, engagé. Qui peut se targuer de pouvoir proclamer la vérité, hormis un deus ex machina orchestrant l'évidence du jour après avoir joué des incertitudes de la nuit ?
Certainement pas Asghar Farhadi, dont le film s'articule autour de faits que le scénario laisse longtemps et à dessein irrésolus. A deux reprises, les personnages d'Une séparation se retrouvent devant un juge et plaident à tour de rôle le bien-fondé de leur démarche. Le spectateur est invité à occuper la place de cet arbitre judiciaire et à prendre parti pour l'un puis pour l'autre. La force du film est dans sa capacité à le faire douter, lui faire plusieurs fois changer de camp au fur et à mesure que se déroule l'intrigue.
Ces deux situations soulignent l'ambiguïté du titre. Lorsque, d'abord, une femme vient réclamer un divorce et le droit d'amener sa fille de 11 ans, arrangement que son époux Nader lui refuse, il apparaît que la séparation est d'ordre conjugal. La justice déboute l'épouse qui part habiter seule ailleurs. Mais, d'un affrontement privé, Asghar Farhadi saute à un conflit social, donnant à son propos une portée beaucoup plus générale, éminemment politique.
Incapable de s'occuper de son vieux père atteint de la maladie d'Alzheimer, Nader doit engager une aide-soignante. Il embauche une mère de famille dans le besoin, qui accepte ce job sans l'accord de son mari, chômeur dépressif, violent, conservateur. Cette femme, Hodjat, qui vient remplir sa tâche flanquée de sa gamine, est d'abord confrontée à un dilemme : le vieillard se pisse dessus, elle doit le changer, le laver, lui ôter son pantalon, ce qui, en regard de ses convictions religieuses et des usages qu'elles impliquent, constitue un péché.
Hodjat commet une faute : elle laisse un moment le vieux sans surveillance. Licenciée, elle revient sonner chez son employeur pour être payée de ses heures de travail. Nader, prétextant qu'elle a manqué à ses devoirs, refuse de la dédommager, la repousse sur le palier. Elle tombe dans l'escalier. Elle dépose une plainte. Nader, dit-elle, l'aurait violentée et aurait provoqué une fausse couche.
C'est là que l'on se retrouve devant un juge, une seconde fois. Pour démêler l'imbroglio. Nader savait-il qu'elle était enceinte, comme elle l'affirme ? Impossible, clame-t-il, de percevoir une grossesse chez cette femme vêtue d'un tchador. A-t-il réellement provoqué la mort de ce bébé de quatre mois et demi ? Il est menacé de prison...
Dès lors, de quelle "séparation" s'agit-il ? Du divorce, ô combien prégnant, entre classe aisée et classe populaire, entre traditions (superstitions, règles islamiques) et modernité (bourgeoisie, désirs d'émancipation). La femme séparée, revenue soutenir un mari dont elle espère un retour de flamme conjugale, paye la caution qui évite à Nader de se retrouver derrière les barreaux. Elle va tenter de négocier avec la femme voilée qui, de son côté, se débat entre mari revanchard et fidélité aux préceptes du Coran.
Le film observe (et dénonce) une cascade de mensonges et de petits arrangements. Dépeignant ces conflits exacerbés dans un pays où, détails symboliques de la vie quotidienne, les ordures se déversent dans les escaliers et les employés des stations-service ne rendent pas la monnaie, prenant soin de montrer que ces déchirements claniques se déroulent sous les yeux des enfants effarés, le film se clôt dans l'incertitude du dénouement.
Ours d'or 2011 à Berlin, Une séparation fonctionne sur le schéma énigmatique de La Fête du feu, où Asghar Farhadi imposait à une femme de ménage un rôle de témoin dans une dispute entre ses patrons, la femme soupçonnant son mari de la tromper avec la voisine d'en face. Les juges d'Une séparation, comme l'employée de La Fête du feu, sont otages d'un suspense, invités comme nous à adopter un point de vue, puis le point de vue inverse. Asghar Farhadi use des théâtres intimes pour distiller l'idée qu'en Iran le mensonge et la manipulation se pratiquent à tous les niveaux, que les comportements que l'on y impose méritent d'être débattus, contestés." - Libération - Philippe Azoury: Une séparation" La première surprise tient à sa forme plastique (…) C’est là un film nerveux, presque animal, porté par une caméra qui ne tient pas en place mais qui, partout où elle se positionne, trouve le bon angle, la bonne vitesse, la bonne distance."
- Les Inrockuptibles - Serge Kaganski: Une séparation" (...)comme dans certaines expériences chimiques, Une séparation progresse sur une série d’explosions relationnelles qui font grimper le tensiomètre avec une force et un sens du rebond impressionnants. Mais derrière cette matière humaine qui suffirait à faire d’Une séparation un film fort, se déploient des strates philosophiques et politiques tout aussi admirables (et c’est là que l’on voit que les sujets visibles ou latents du film ne sont pas si petits que ça).
Une séparation pourrait ainsi être vu et lu comme un questionnement sur le concept de vérité. Les conflits évoluent au cours du film, au fur et à mesure des différents points de vue des protagonistes et d’éclairages que l’on ne percevait pas au départ. La vérité est-elle univoque et gravée dans le marbre des faits ? Ou bien est-elle polysémique, évolutive, selon le point de vue de chacun ? Question de philo et de cinéma, au cœur de ce film qui n’a pourtant rien de didactique."
- Première - Christophe Narbonne: Une séparation" Asghar Farhadi est le nouvel homme fort du cinéma iranien. Deux ans après A propos d'Elly, il confirme qu'il est de la trempe d'un Jafar Panahi ou d'un Abbas Kiarostami, autrement dit un cinéaste capable d'allier réflexion, profondeur et modernité. Si Une séparation est moins audacieux que son prédécesseur sur le plan formel, il surprend en revanche constamment par sa liberté de ton, tout sauf consensuelle."
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vos avis (6)
Tout voir- FRANCOIS12 février 2026votre évaluation 3 sur 5Un Oscar ? Je m'attendais à quelque chose de mieux.
- biadevasco29 mai 2025votre évaluation 4.5 sur 5
- Catherine23 mai 2025votre évaluation 5 sur 5Brillant, à tous niveaux. Quand un réalisateur maîtrise à ce point son histoire, ses personnages, la tension qui monte crescendo sans se perdre dans les méandres de la facilité, du cliché ou du déjà vu... Un film fort, intense avec des acteurs immenses (absolument tous sonnent juste, les gamines sont fantastiques...) une histoire taillée au scalpel qui se passe en Iran mais pourrait prendre place partout. D'une précision mécanique implacable. Une magnifique claque de cinéma.
- MVJ08 août 2018votre évaluation 4 sur 5Bien
- Pascal24 juin 2018votre évaluation 4 sur 5Véritable réussite
- Magali20 mars 2018votre évaluation 5 sur 5