À la frontière mexicaine, dans un village abandonné par ses habitants à l'exception de cinq prostituées et du patron du saloon, deux bandes rivales se disputent la suprématie du pays : celle du Major Jackson, américain et fanatique raciste et celle du Général Rodriguez, mexicain et révolutionnaire. Un étranger, Django, traînant derrière lui un cercueil, arrive dans ce pays de désolation. Et avec lui, le vent de la violence... Un "classique" du western à l'italienne, fameuse série B sixties qui inspira à Tarantino son "Django unchained".
Premier rôle : Franco Nero
Second rôle : José Bódalo
Second rôle : Loredana Nusciak
Second rôle : Ángel Álvarez
Second rôle : Gino Pernice
Second rôle : Simón Arriaga
Second rôle : Remo De Angelis
Second rôle : Rafael Albaicín
Second rôle : Eduardo Fajardo
Second rôle : Silvana Bacci
Second rôle : José Terrón
Réalisation : Sergio Corbucci
Scénario : Sergio Corbucci
Scénario : Bruno Corbucci
Scénario : Franco Rossetti
Scénario : José Gutiérrez Maesso
Scénario : Piero Vivarelli
Producteur : Manolo Bolognini
Producteur : Sergio Corbucci
Producteur : B.R.C. Produzione S.r.l.
Producteur : Tecisa
Directeur de la photo : Enzo Barboni
Montage : Nino Baragli
Montage : Sergio Montanari
Musique originale : Luis Bacalov
Décors : Carlo Simi
Dialogues : Sergio Corbucci
Dialogues : Bruno Corbucci
- Type de film : Long métrage
- Couleur : Couleur
- Langue : Espagnol
- Date de production : 1966
- Pays de production : Espagne, Italie
- Titre original : DJANGO
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Critique (1)
Les Inrockuptibles - Leo Soesanto: Django
" ... l’un des grands westerns spaghetti dans la catégorie des “autres que Sergio Leone” (les Sergio Sollima, Damiano Damiani, Tonino Valerii). Le film est clairement sous l’influence de Pour une poignée de dollars de Leone, avec son pistolero solitaire pris entre deux groupes rivaux (des bandits mexicains et un proto-Ku-Klux-Klan cagoulé en rouge).
Sauf que Corbucci pousse le révisionnisme du genre à un stade supérieur dès le générique : Django (le charismatique Franco Nero, alias le Clint Eastwood italien) chemine avec sa selle, mais sur l’épaule, sans cheval, et tire inlassablement un cercueil. Que contient-il ? Le cinéma classique américain ? On y pense, en voyant ses figures très malmenées en 35 minutes chrono : une femme torturée en plein air, une ville dont les seuls habitant(e)s résident au bordel, et près de quarante personnes massacrées par Django dans une seule scène.
Corbucci connaît les tropes du western-spaghetti (gros plans sur les visages, attente dilatée avant de dégainer), mais il est punk, sans affèteries, lorsque Leone est opératique (le film est tourné au format carré, sans intention panoramique).
Le cinéaste n’y néglige pas le visuel, avec ses éclairs de couleurs (le rouge des méchants, les yeux bleus de Nero) contrastant avec les teintes boue-crasse dominantes, et son montage énergique (une bagarre dans un saloon en partie tournée en caméra subjective).
Cet élan, Corbucci en abuse pour ne faire aucun quartier. Contre les racistes, les bigots et la morale, puisque Django est inglourious basterd à ses heures. Jusqu’où aller, jusqu’où casser – c’est le leitmotiv, violence très graphique à l’appui, dont un certain passage à l’oreille coupée qui a pu inspirer QT pour Reservoir Dogs. Cela achève de transporter le film dans quelque monde postapocalyptique où Django traîne tel Sisyphe : pas de démonstration politique explicite comme dans d’autres westerns de Corbucci, par exemple le joliment titré Mais qu’est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution !… Plutôt sa veine anarcho-existentielle, à regarder en double programme avec son chef-d’œuvre Le Grand Silence, aussi neigeux que Django est sale, et avec Jean-Louis Trintignant en cow-boy muet."
Sauf que Corbucci pousse le révisionnisme du genre à un stade supérieur dès le générique : Django (le charismatique Franco Nero, alias le Clint Eastwood italien) chemine avec sa selle, mais sur l’épaule, sans cheval, et tire inlassablement un cercueil. Que contient-il ? Le cinéma classique américain ? On y pense, en voyant ses figures très malmenées en 35 minutes chrono : une femme torturée en plein air, une ville dont les seuls habitant(e)s résident au bordel, et près de quarante personnes massacrées par Django dans une seule scène.
Corbucci connaît les tropes du western-spaghetti (gros plans sur les visages, attente dilatée avant de dégainer), mais il est punk, sans affèteries, lorsque Leone est opératique (le film est tourné au format carré, sans intention panoramique).
Le cinéaste n’y néglige pas le visuel, avec ses éclairs de couleurs (le rouge des méchants, les yeux bleus de Nero) contrastant avec les teintes boue-crasse dominantes, et son montage énergique (une bagarre dans un saloon en partie tournée en caméra subjective).
Cet élan, Corbucci en abuse pour ne faire aucun quartier. Contre les racistes, les bigots et la morale, puisque Django est inglourious basterd à ses heures. Jusqu’où aller, jusqu’où casser – c’est le leitmotiv, violence très graphique à l’appui, dont un certain passage à l’oreille coupée qui a pu inspirer QT pour Reservoir Dogs. Cela achève de transporter le film dans quelque monde postapocalyptique où Django traîne tel Sisyphe : pas de démonstration politique explicite comme dans d’autres westerns de Corbucci, par exemple le joliment titré Mais qu’est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution !… Plutôt sa veine anarcho-existentielle, à regarder en double programme avec son chef-d’œuvre Le Grand Silence, aussi neigeux que Django est sale, et avec Jean-Louis Trintignant en cow-boy muet."