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Le Juge et l’Assassin est un film politique qui accuse la justice. (...) Et
Bertrand Tavernier, on le sait depuis
Que la fête commence, excelle à peindre l’Histoire à coups de petits tableaux bien troussés, de faits vrais dénichés dans les journaux. Il a l'art de restituer le climat d’une époque, de faire revivre avec ironie ou tendresse, le quotidien du peuple et les vacarmes des rues. (...)
A l'heure où des personnalités des plus connues, lues ou écoutées, encouragent tout un pays à revenir à cette loi du talion qui nourrit la violence que tout le monde veut combattre,
Le Juge et l'Assassin est un film à contre courant. Il claironne avec l’insolence, l'anti-conformisme polémique, l’agressivité salutaire, mais aussi la générosité que l’on connaît de Tavernier que les monstres ne sont pas forcément responsables de leurs canailleries, que la peine de mort ne rattrape pas les vies perdues et n'intimide pas les esprits dérangés ; enfin, que l'homme qui a foi dans la vie, ne doit pas punir de mort son prochain, même si ce dernier est coupable. (...)
Cet élan humaniste s'accompagne, normalement, d’un véritable amour des comédiens. Pour camper la galerie de personnages hauts en couleur dont il a le secret, Tavernier a choisi un dialoguiste percutant : Jean Aurenche et « pouponné
» des comédiens de grande classe :
Michel Galabru, en particulier, assassin implorant, brimé, incompris, inquiétant, farceur, demeuré, persécuté est tout bonnement fantastique. Fidèle à l'admiration qu’il voue aux réalisateurs américains, il s’est appliqué, depuis trois films, à changer à chaque fois de sujet, d’époque, de style, de genre..."