"S'inspirant d'un fait divers de la fin des années 1980, le cinéaste Bong Joon-ho joue avec les codes du polar et réussit à inventer un récit étonnant qui mélange l'atroce et le burlesque (...) Le cinéaste réussit même un véritable tour de force, celui d'humaniser, jusqu'à les rendre touchants, le tandem de policiers locaux, instinctifs et bornés (...). L'optimisme apparent d'une telle évolution est ici complexifié par l'évolution des événements, par la manière dont le spectateur, évidemment attaché à la résolution de l'énigme policière, se voit mené de désillusion en désillusion, enfin par la contamination du "bon" flic que l'impuissance fait soudain basculer dans la violence. C'est que, à bien y regarder, la brutalité des policiers est guidée par la recherche du rendement. La tendance primaire et brutale qu'exprime leur violence est peut-être aussi celle dont se nourrit un modèle économique libéral triomphant. Comme si l'évolution historique ne pouvait s'accomplir que dans la fusion d'un archaïsme qui résisterait (une pulsion primitive d'accumulation) et d'un nouveau qui surgirait (la raison démocratique) "