Première - Jean-Jacques Bernard: Faut-il aimer Mathilde ?

3 juin 2017

- REVIEW

" Premier film d’Edwin Baily qui parle de ce qu’il connaît, le Nord où il est né (...)  Mathilde est une battante. Elle élève deux enfants qui ne semblent pas affectés des douleurs amoureuses de leur mère. Parce qu’elle ne cesse de les aimer. C’est peut-être ce qu’il y a de plus précieux dans ce film qui tente, entre “Mère courage” de Brecht et les plus beaux portraits de femmes de Claude Sautet, d’établir la topographie mouvante d’un cœur anonyme.

Dominique Blanc est magistrale de vérité, et Edwin Baily parvient à ses fins parce qu’il sait laisser «vivre» ses comédiens. Paul Crauchet, en grand-père, donne une bonne définition du regard de ce film. Le temps qui passe, il ne le voit ni long ni court. Mais «large». Comprenez : tant de vies différentes se passent au même moment que la richesse du monde, et de ce film, tient justement à cet entrelacs des destins qui nous redéfinissent à chaque instant. Ainsi va Mathilde, remontant le cours de ses amours. André Marcon, Bonnafé, Maxime Leroux, comédiens des plus fins (que notre cinéma néglige), sont autant de jalons vibrants de ce parcours. Décidément, le Nord est très sollicité ces temps-ci. Edwin Baily semble se rapprocher du point de vue documenté à l’anglaise (Ken Loach n’est pas si loin). Un premier film doit avant tout imposer sa liberté. C’est ici le cas, l'amour des gens en plus."

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" Premier film d’Edwin Baily qui parle de ce qu’il connaît, le Nord où il est né (...)  Mathilde est une battante. Elle élève deux enfants qui ne semblent pas affectés des douleurs amoureuses de leur mère. Parce qu’elle ne cesse de les aimer. C’est peut-être ce qu’il y a de plus précieux dans ce film qui tente, entre “Mère courage” de Brecht et les plus beaux portraits de femmes de Claude Sautet, d’établir la topographie mouvante d’un cœur anonyme.

Dominique Blanc est magistrale de vérité, et Edwin Baily parvient à ses fins parce qu’il sait laisser «vivre» ses comédiens. Paul Crauchet, en grand-père, donne une bonne définition du regard de ce film. Le temps qui passe, il ne le voit ni long ni court. Mais «large». Comprenez : tant de vies différentes se passent au même moment que la richesse du monde, et de ce film, tient justement à cet entrelacs des destins qui nous redéfinissent à chaque instant. Ainsi va Mathilde, remontant le cours de ses amours. André Marcon, Bonnafé, Maxime Leroux, comédiens des plus fins (que notre cinéma néglige), sont autant de jalons vibrants de ce parcours. Décidément, le Nord est très sollicité ces temps-ci. Edwin Baily semble se rapprocher du point de vue documenté à l’anglaise (Ken Loach n’est pas si loin). Un premier film doit avant tout imposer sa liberté. C’est ici le cas, l'amour des gens en plus."

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