
Séjour dans les monts Fuchun
2H30Cinéma / DrameChine
À Fuyang, dans la province de Hangzhou, en Chine, la famille Gu se rassemble dans un restaurant appartenant à l'un des leurs, à l'occasion des 70 ans de la grand-mère. Mais celle-ci fait une crise cardiaque durant la soirée et est envoyée à l'hôpital. Là, dans sa chambre, elle perd peu à peu la mémoire. Pendant ce temps, ses quatre garçons doivent tous faire face à différentes difficultés économiques. L'un d'entre eux élève seul un garçon trisomique. Ayant contracté d'importantes dettes de jeux, il est obligé de prendre la fuite.
Premier rôle : Quian Youfa
Premier rôle : Wang Fengjuan
Premier rôle : Zhang Renliang
Second rôle : Zhangjian Sun
Second rôle : Zhangwei Sun
Second rôle : Zhang Guoying
Second rôle : Zhuang Yi
Second rôle : Luqi Peng
Réalisation : Gu Xiaogang
Scénario : Gu Xiaogang
Producteur : Xiaoxiao Ning
Producteur : Liang Ying
Producteur : Suey Chen
Producteur : Jiafei Song
Producteur : Dadi Film
Producteur : Beijing Qu Jing Pictures
Directeur de la photo : Ninghui Yu
Directeur de la photo : Deng Xu
Montage : Xinzhu Liu
Son : DanFeng Li
Musique originale : Wei Dou
Décors : Xingyu Zhou
Costumes : Lina Wang
- Date de sortie en salles : 01 janvier 2020
- Type de film : Long métrage
- Couleur : Couleur
- Langue : Chinois
- Date de production : 2019
- Pays de production : Chine
- Titre original : Chun Jiang Shui Nuan
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Critiques (2)
Le Bleu du Miroir - François-Xavier Thuaud: Séjour dans les monts Fuchun
"La grande réussite du film tient pour beaucoup dans la manière de traiter les chaos ordinaires en les contextualisant et en les enveloppant d’une pellicule intemporelle. En effet, Gu Xiaogang accorde une grande importance aux paysages qu’il filme à travers les saisons comme un décor à la fois changeant et immuable. Il impose par sa mise en scène un regard contemplatif qui donne au film grâce et profondeur. La caméra panote lentement pour laisser le regard s’approprier un déploiement qui fait écho au dépliement des rouleaux de la peinture ancienne. Mais ce sont surtout les plans séquences qui réjouissent.
Loin d’une performance technique qui chercherait l’épate, ils étreignent l’espace avec précision et élégance, laissent une place à chacun et expriment une fluidité en cohérence absolue avec le propos du film. Le plan vu du fleuve qui accompagne la nage de Jiang et la silhouette de Guxi à travers les trouées du bois (ils se sont lancés un défi) puis leur parcours sur la rive jusqu’au bateau, ce plan là est un morceau de cinéma anthologique, par sa discrète virtuosité mais surtout par ce qu’il réussit à montrer sans surligner : le rapprochement des deux jeunes gens, la vie paisible autour du fleuve, les petites audaces comme se donner la main pour courir. L’élan des amoureux et le mouvement de la caméra ne font qu’un, ils semblent, tous les deux, capables de tout vivre, de tout enregistrer. Le plan de césure qui suit, fixe et panoramique, est lui d’une beauté fragile. Le contrepoint bouleverse. "
Loin d’une performance technique qui chercherait l’épate, ils étreignent l’espace avec précision et élégance, laissent une place à chacun et expriment une fluidité en cohérence absolue avec le propos du film. Le plan vu du fleuve qui accompagne la nage de Jiang et la silhouette de Guxi à travers les trouées du bois (ils se sont lancés un défi) puis leur parcours sur la rive jusqu’au bateau, ce plan là est un morceau de cinéma anthologique, par sa discrète virtuosité mais surtout par ce qu’il réussit à montrer sans surligner : le rapprochement des deux jeunes gens, la vie paisible autour du fleuve, les petites audaces comme se donner la main pour courir. L’élan des amoureux et le mouvement de la caméra ne font qu’un, ils semblent, tous les deux, capables de tout vivre, de tout enregistrer. Le plan de césure qui suit, fixe et panoramique, est lui d’une beauté fragile. Le contrepoint bouleverse. "
Bande à part.fr - Olivier Pélisson: Séjour dans les monts Fuchun
"La Semaine de la Critique cannoise cuvée 2019 s’est clôturée avec ce bijou. Un premier long-métrage à la maîtrise bluffante. Tourné sur deux ans, au rythme des saisons et de la disponibilité des acteurs, souvent amateurs, et au gré d’un financement indépendant réduit. Un tour de force né de l’opiniâtreté de son jeune auteur natif de 1988 : Gu Xiaogang. Une telle vision, qu’il prévoit de filmer deux volets suivants à ce qui serait ici le premier volume d’une trilogie. Et quelle ampleur ! Les deux heures et demie de cette fresque provoquent un ravissement total. L’œuvre est inspirée d’un classique de la peinture chinoise. Un rouleau de sept mètres sur trente-trois centimètres, peint entre 1348 et 1350 par Huang Gongwang. L’éponymie relie l’œuvre cinématographique à son aînée picturale, mais aussi au fleuve qui en reste communément central, et à l’écoulement du temps.
Car la fluidité abonde. De l’eau bien sûr, filmée sans cesse le long de somptueux travellings latéraux, dans des plans-séquences saisissants par leur durée et par la captation de moments de vie. Instants suspendus, entre marche, nage et contemplation. Un art précis pour mieux décrire les ramifications d’une famille, et de ses destins entremêlés. Séjour dans les monts Fuchun parle d’humanité, du trajet existentiel que chacun vit comme il peut, dans la réussite comme dans la galère. Toutes les péripéties s’articulent autour du cours d’eau et de ses berges, qui reflètent avec force les affres de la fatalité, comme les frémissements de tous les espoirs. Les traditions ont la dent dure dans cette nation géante, à l’héritage socio-culturel imposant et aux pressions économiques ardues. La moindre transgression coûte. L’individualité est risquée. Les électrons libres en font les frais.
Le regard de Gu Xiaogang est bienveillant et mélancolique. Il rend hommage à sa région natale et à ceux qui la peuplent. "
Car la fluidité abonde. De l’eau bien sûr, filmée sans cesse le long de somptueux travellings latéraux, dans des plans-séquences saisissants par leur durée et par la captation de moments de vie. Instants suspendus, entre marche, nage et contemplation. Un art précis pour mieux décrire les ramifications d’une famille, et de ses destins entremêlés. Séjour dans les monts Fuchun parle d’humanité, du trajet existentiel que chacun vit comme il peut, dans la réussite comme dans la galère. Toutes les péripéties s’articulent autour du cours d’eau et de ses berges, qui reflètent avec force les affres de la fatalité, comme les frémissements de tous les espoirs. Les traditions ont la dent dure dans cette nation géante, à l’héritage socio-culturel imposant et aux pressions économiques ardues. La moindre transgression coûte. L’individualité est risquée. Les électrons libres en font les frais.
Le regard de Gu Xiaogang est bienveillant et mélancolique. Il rend hommage à sa région natale et à ceux qui la peuplent. "